« Avec ma pince modifiée, je délie les balles depuis la cabine »
Thomas Baumier a équipé sa pince coupe-balles d’un système pour retenir les ficelles, filets et films. Il économise ainsi de nombreux allers-retours entre les balles et la cabine.
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« Avec 150 € de matériaux et quelques heures de travail à l’atelier, j’économise 90 % d’allers-retours entre ma cabine et la pailleuse ou la mélangeuse pour retirer le liage de plus de 1 000 bottes et balles. Tout ceci grâce à un système hydraulique qui retient les ficelles des balles carrées, le filet des balles rondes et le film des balles d’enrubanné », explique Thomas Baumier, gérant avec ses parents, Didier et Caroline, du Gaec Baumier.
Leur exploitation est installée sur la commune de Brinon-sur-Beuvron, dans la Nièvre (58). Sur cette ferme, l’activité tourne majoritairement autour des 130 vêlages annuels des vaches limousines. À côté, 300 hectares sont affectés à la culture et au pâturage.
Une invention avec l’arrivée de la nouvelle pailleuse
C’est pour réduire la contrainte de gestion des ficelles, des filets et du film d’enrubannage (plus de mille balles et bottes sont consommées par an sur l’exploitation) pendant les huit mois durant lesquels les animaux sont en stabulation que Thomas a développé son système de pince-ficelles.
« J’ai fabriqué le système de retenue des ficelles à la mi-décembre, peu de temps après l’arrivée de la nouvelle pailleuse Lucas Castor 110, qui a remplacé une Kuhn Primor petit modèle. Dans mon ancienne pailleuse, j’arrivais à mettre deux bottes. Je descendais donc deux fois pour retirer les ficelles.
Avec la nouvelle pailleuse, je mets un peu plus de cinq balles de paille, je suis donc amené à monter cinq ou six fois dans la pailleuse pour retirer les ficelles », indique Thomas. Ce dernier précise par ailleurs qu’il arrivait que certaines ficelles se coincent sous la matière et qu’il fallait alors les replacer pour les tirer avec le godet, ce qui nécessitait plusieurs manœuvres et allers-retours entre l’engin et la pailleuse.
Optimiser le temps et l’énergie
« Là, avec mon système, je mets 5 ou 6 minutes, contre 10 à 15 minutes avant, pour charger les 5,5 bottes. Le gain de temps est important, surtout qu’il m’arrive d’avoir jusqu’à quinze bottes à manipuler par jour (dix de paille, deux de foin et trois d’enrubannage).
L’objectif de l’installation de la pince à ficelles est d’optimiser mon temps, mais surtout mon énergie et de ne plus avoir à faire les allers-retours pour retirer les ficelles, les filets et les films plastiques, notamment quand je charge la mélangeuse. Je commence par la paille, ensuite, je mets l’eau, la farine, le foin et l’enrubannage.
Je n’ai pas de temps à perdre sur des détails et gérer quinze fois par jour de la ficelle, c’est vraiment contraignant. » Son père précise avec humour que les ficelles, maintenant qu’elles ne sont manipulées qu’avec la pince, ont tendance à s’accumuler par terre, et qu’il serait bien de les ramasser plus souvent.
Pour concevoir son système, Thomas n’a fait aucun plan. Il a commencé par fabriquer toutes les pièces en acier. Le système n’est composé que d’une cornière en fer, sur laquelle sont installés un vérin hydraulique, les crochets et la barre qui les fait bouger. C’est l’action du vérin sur cette dernière qui vient ouvrir ou fermer les six crochets.
150 € et 10 heures de travail
Un espace est prévu entre la cornière et les crochets afin de ne pas couper les ficelles à ce niveau. « Le vérin est alimenté directement depuis le bloc hydraulique présent d’origine sur la pince. Celui-ci était déjà muni d’une sortie supplémentaire sur laquelle je me suis branché. Au départ, ça ne fonctionnait pas bien, car des clapets limiteurs de pression ralentissaient l’action des crochets.
Ce n’est qu'après les avoir retirés que tout s’est mis à travailler parfaitement », complète l’agriculteur. L’actionnement des crochets n’est pas commandé. Ils se ferment quand la pince vient en pression sur la balle et s’ouvrent en même temps que la pince.
La différence de taille entre les vérins de la pince et celui des crochets permet à ces derniers de rester fermés jusqu’à ce que la pince s’ouvre à fond. « En tout, j’en ai eu pour 150 €, dont 60 € pour le vérin, 50 € pour les flexibles, et même si c’est de l’acier récupéré sur place, j’estime qu’il y en a pour 40 € de ferraille. À cela, s’ajoutent les 10 heures de travail que j’ai consacrées à cette invention. »
« Un système de pince-ficelles existe chez Göweil, mais il ne correspondait pas à mes besoins et ne pouvait pas gérer les balles carrées. Ma pince autoconstruite est adaptée pour la ficelle des balles carrées, le filet des balles rondes ainsi que le film et le filet des balles enrubannées. »
Paille, foin et enrubannage
Thomas précise que, sur la ferme, il utilise des bottes de paille en 120 × 70, mais que son système est compatible avec d’autres dimensions. La seule condition, c’est que la balle soit bien centrée et prise sur le bout afin que les crochets attrapent la ficelle au milieu. Si cette dernière glisse, elle sera coincée par le nœud.
« Le cas du foin en filet est particulier, car lorsque les crochets se ferment, ils retiennent un peu de foin. Dans ce cas-là, j’ouvre les crochets et libère le filet et le foin. Puis je le reprends simplement avec les piques de la pince pour que le foin reste dans le bol. Pour l’enrubannage, le pince ficelle est capable de retirer film et filet.
Néanmoins, nous préférons le retirer à la main pour contrôler qu’il n’y a pas de moisissures », soulignent Didier et Thomas. Ce dernier explique que l’efficacité du système dépend de plusieurs facteurs : la qualité du liage, la forme de la botte et sa densité. « La qualité du filet joue aussi beaucoup, car les filets de mauvaise qualité se cassent rapidement », observe-t-il.
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